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Shoumen Das : le miroir changeant

 

L’art moderne nous apprend beaucoup de l’histoire d’un pays. A ce titre, l’art de Shoumen Das montre une étape essentielle de la création picturale à Chittagong. Né en 1953, Shoumen Das a grandit dans un pays qui ne s’appelait pas encore le Bangladesh.

 

Après ses études à l’école des Beaux-arts, à Chittagong, il y est devenu un des professeurs les plus reconnus et un maître respecté dans tout le Bangladesh, observant avec l’œil aiguisé de l’artiste les bouleversements et les changements du monde qui l’entourait. La guerre d’indépendance, la naissance du pays, puis la croissance de la population et, plus récemment, le développement économique et les bouleversements sociaux qui l’accompagnent.

C’est ce monde changeant que nous pouvons voir dans la peinture de Shoumen Das, qui n’hésite pas à abandonner la figuration pour se consacrer en grande partie à l’abstraction, telles qu’elle a pu être initiés par les grandes écoles occidentales, à Paris, New York, etc. Ses peintures deviennent alors des surfaces ondoyantes, presque liquides, où apparaissent formes et couleurs, peintes dans un mouvement perpétuel. Les couleurs s’y fondent, s’enrichissent mutuellement, dans un kaléidoscope scintillant, faisant vibrer la toile comme la lumière irisée d’un arc-en-ciel.

Pour autant, Shoumen Das n’oublie pas non plus les traditions ancestrales de son pays. Le Bangladesh est partant présent dans son art. On le retrouve notamment dans ses gravures sur bois et dans beaucoup de ses toiles, lorsque surgissent, dans l’enchevêtrement des couleurs, des figures féminines, lointain souvenirs des arts tribaux et villageois, parfois simplifiées, dansantes et gracieuses.

Ainsi Shoumen Das réalise-t-il une synthèse exemplaire entre art du passé et expression contemporaine, entre la tradition villageoise et les mouvements artistiques internationaux, et l’univers qu’il construit pas à pas avec rigueur et inspiration depuis tant d’années demandera un temps immense à l’amateur d’art pour être entièrement parcouru tant il est infini : un univers miroitant comme 1000 rivières.

Dr. Selvam Thorez, octobre 2018